Hier soir, le collectif Open Source Politics présentait le film documentaire “Un printemps citoyen” chez Volumes Coworking. Pour réaliser ce film autofinancé, Ryslaine Boumahdi s’est rendue dans plusieurs pays qui font actuellement figure de “laboratoires démocratiques” et qui sont assez proches de nous, notamment l’Espagne et l’Islande. Sans rien “spoiler”, voici un mini compte rendu de ce que j’ai ressenti et retenu pendant et après projection, pour vous donner envie d’aller le voir et de le diffuser 🙂

Premier ressenti : l’envie et le besoin de changement sont universels

Les gens qui nous gouvernent aujourd’hui ne nous représentent ni socialement, ni politiquement. Loïc Blondiaux

Que les intervenants soient américains, islandais, espagnols ou français, tous expriment la même chose, le même “écoeurement” face à un système qui n’est plus représentatif, que ce soit sur le plan social ou politique.

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La différence entre ces pays dans lesquels des transformations sont véritablement en place par rapport à la France ? Je retiens deux hypothèses avancées par la réalisatrice et par le professeur de science politique Loïc Blondiaux : une crise comparativement moins grave chez nous… et aussi des différences d’ordre culturel.

La démocratie au-delà d’institutions, c’est un état d’esprit de la société, une façon différente de faire société. Loïc Blondiaux

Deuxième ressenti : le changement viendra des villes

J’en étais déjà (quasiment) convaincue, le visionnage de ce film me conforte dans l’idée que c’est à l’échelon des villes que les citoyens peuvent véritablement s’engager et aussi que de nouveaux acteurs démocratiques (et les outils qu’ils développent) peuvent engager les citoyens : les villes de Barcelone et Madrid, “gagnées” par les héritiers du mouvement des Indignés en Espagne, sont à ce titre exemplaires et valent à elles seules de voir le film.

Je retiens aussi, là encore, l’exemple islandais de la Citizens Foundation, qui a créé une plateforme une semaine avant les élections municipales : à Reykjavik, la capitale islandaise, les électeurs ont utilisé en masse la plateforme pour répondre à l’appel du Parti pirate qui les invitait à co-créer le programme (1500 contributions de 20000 personnes, sur une population d’environ 40000 électeurs en une semaine !). Les intervenants interviewés dans le film le confirment : quand on laisse la parole aux individus sur des choses qui les concernent directement, alors ils s’engagent et sont force de proposition.

“La dernière fois qu’on m’a demandé mon avis ? Pour voter sur une obscure constitution européenne” (traduction -assez- libre d’un intervenant espagnol interviewé dans le film)

Troisième ressenti et conclusion : la Démocratie est un cheminement continu

Loïc Blondiaux l’a bien exprimé : même si l’on réécrivait la Constitution, il ne s’agirait pas de faire table rase du passé (et des Droits de l’homme et autres progrès obtenus depuis des siècles). D’autant qu’encourager une participation plus massive ne sera pas la garantie d’un pouvoir exercé pour le bien commun (les formidables outils et plateformes de participation déployés peuvent même être redoutables dans les mains d’acteurs “trumpistes”, selon la terminologie employée par Loïc Blondiaux). Bien utilisées, ces nouvelles plateformes peuvent apporter à notre vie démocratique la transparence et la capacité de contrôle qui manquent cruellement, pour enfin favoriser ce que les “anglophones” du film appellent une “responsive and accountable governance”, à savoir une gouvernance plus responsable, même si ce terme ne traduit pas entièrement le sens de l’anglais “accountability”. Pour mieux ce terme, je vous renvoie vers le film “Notre monde” , de Thomas Lacoste, sur lequel j’avais écrit un article, et en particulier cette explication de Bastien François, que je trouve très éclairant sur ce sujet : http://bit.ly/2mnPGkV.

Le constat est unanime : alors que nous sommes au 21e siècle, nos instances de décision politique datent du 18e siècle. Il serait sans doute temps de changer d’outils démocratiques, d’abord pour renforcer leur représentativité, et ensuite pour inciter les citoyens à s’engager et à participer à ce qui influe directement sur leurs vies. Car malgré le sentiment d’urgence insufflé sans arrêt par les médias, nos gouvernants, et aussi un système d’expression citoyen restreint à un vote toutes les (x) années… la démocratie est un processus qui se construit pour aujourd’hui et pour demain. Par des citoyens contributeurs plutôt que simples contribuables.

Autoproduit, le film est également proposé en “autodiffusion”. Traduction : le but est de diffuser ce film le plus possible ce printemps, dans des cinémas ou ailleurs. Si cela vous intéresse, vous pouvez contacter l’équipe de production et de diffusion (réduite à mon humble avis) directement sur la page Facebook du film.

En bonus : le compte rendu Storify de la soirée d’hier

À propos de amchronicles

Traductrice, blogueuse et conspiratrice positive en soif de connaissances et de partage - A translator and positive blogger / tweeter / idea spreader :)

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